Forêts de nuage

1 - Forêts > 13 - Forêts montagnardes, pluviales d'altitude et forêts de nuage > 132 - Forêts de nuage
Statut LRE
NE
Non évalué
Processus Brouillon
Code habitat
132
Niveau hiérarchique
Niveau 3
Dernière actualisation
V0.1 du 16/04/2026
Forêt de Nuage
Forêt de Nuage cc by nc Nicolas Rinck

Présentation

Forêt dense humide d’altitude, basse à moyenne, installée sur sommets, crêtes et hauts versants très exposés, caractérisée par une immersion fréquente ou régulière dans les nuages, une forte humidité atmosphérique, une canopée généralement rabougrie, et une abondance diagnostique de bryophytes, lichens, fougères épiphytes et autres épiphytes (Jaffré, Morat & Veillon, 1994 ; Nasi, Jaffré & Sarrailh, 2002). La classe 132 est définie prioritairement par le fonctionnement oro-néphéliphile et non par une seule composition floristique. Elle recouvre des variantes sur substrats acides/non ultramafiques et sur substrats ultramafiques, à détailler respectivement dans 1321 et 1322.

Définition synthétique

Habitat montagnard très humide défini d’abord par son fonctionnement bioclimatique : immersion fréquente dans la couverture nuageuse, interception des brouillards, microclimat frais et saturé, canopée basse et forte charge en mousses, lichens et épiphytes (Jaffré, Morat & Veillon, 1994 ; Nasi, Jaffré & Sarrailh, 2002). En Nouvelle-Calédonie, cet habitat apparaît surtout sur les sommets et crêtes élevés, le plus souvent au-dessus de 900–1000 m, sur massifs volcano-sédimentaires/métamorphiques du Nord et ultramafiques du Sud. Il se distingue des forêts pluviales montagnardes par une immersion nuageuse plus régulière, une stature plus basse, des arbres tourmentés et une bryophytisation beaucoup plus forte. La surface occupée est faible, naturellement fragmentée et probablement très sensible aux incendies de lisière, aux ongulés introduits et surtout au relèvement de la base des nuages sous changement climatique. La valeur patrimoniale est très élevée, car ces forêts concentrent des assemblages orophiles et souvent micro-endémiques.
Délimitation

Critères abiotiques

Altitude généralement > 900–1000 m ; limite inférieure variable selon exposition, effet de masse, nébulosité locale et position topographique.
Position topographique : sommets, crêtes, rebords sommitaux, hauts versants exposés au flux humide.
Humidité : très forte humidité atmosphérique ; rôle majeur des précipitations occultes (cloud stripping) en complément des pluies.
Climat : températures plus fraîches que les étages inférieurs, insolation réduite par la nébulosité, vents fréquents.
Substrats : roches volcano-sédimentaires / métamorphiques acides dans le Nord ; péridotites et serpentinites ultramafiques dans le Sud.
Sols : humus organique épais à décomposition lente ; sur ultramafiques, sols pauvres en Ca, K, P et contraints par la géochimie métallique.

Critères biotiques

Canopée basse à moyenne, le plus souvent de 5 à 15 m, souvent irrégulière, avec arbres tortueux et houppiers compacts.
Charge très forte et souvent continue en bryophytes, lichens et fougères épiphytes, notamment Hymenophyllaceae.
Feuilles plutôt petites, coriaces à mésophylles réduites, adaptées à l’humidité permanente, au vent et au lessivage.
Présence fréquente de conifères et autres taxons orophiles selon massif ; endémisme élevé et micro-endémisme marqué sur certains sommets.
Sous-bois sombre, humide, à humus fibreux et nombreux microhabitats épiphytiques.

Critères complémentaires

Critère principal de reconnaissance : combinaison entre immersion nuageuse récurrente, canopée basse et forte bryophytisation.
Le seul critère altitudinal est insuffisant : il faut vérifier la physiognomie, la charge épiphytique et le contexte topoclimatique.
La délimitation doit rester prudente dans les écotones avec les forêts pluviales montagnardes (131) et les maquis/boisements d’altitude.
Cette classe est justifiée pour préserver un étage écologique original, à haute valeur patrimoniale, même lorsque la cartographie reste délicate.

Règles d’exclusion

Exclure les forêts pluviales montagnardes (131) lorsque la canopée reste plus haute, l’immersion nuageuse moins régulière et la bryophytisation moins marquée.
Exclure les maquis d’altitude, fourrés sommitaux et autres formations ouvertes non forestières, même s’ils sont souvent nuageux.
Exclure les forêts monodominantes à kaori ou araucaria d’altitude si elles ne présentent pas clairement le fonctionnement néphéliphile et la charge épiphytique diagnostique.
Exclure les faciès humides de vallons ou de thalwegs d’altitude non dépendants de la couverture nuageuse fréquente.

Seuils quantitatifs

Altitude indicative : généralement > 900–1000 m ; exceptionnellement limite inférieure à discuter localement.
Hauteur de la strate arborée : souvent 5–15 m.
Charge en mousses/épiphytes : élevée à très élevée, avec manchons continus ou quasi continus sur troncs et branches.
Aucun seuil local standardisé n’est encore validé pour la fréquence minimale d’immersion nuageuse ou la part des précipitations occultes ; ce point doit rester un chantier méthodologique.

Structure de végétation

Forêt dense d’altitude à structure tassée, canopée basse, parfois pluristrate mais comprimée par le vent, le froid relatif et l’humidité permanente. Les émergents, lorsqu’ils existent, restent peu nombreux ; la biomasse aérienne est importante relativement à la hauteur grâce à l’accumulation d’épiphytes et de matière organique. Les troncs et grosses branches sont fréquemment engainés de mousses et d’hépatiques ; les fougères épiphytes et film peuvent former une part visible de la physionomie.

Structure et physionomie

Physionomie typique de “forêt de mousses” ou de “forêt elfe” : arbres noueux, houppiers serrés, silhouettes déformées par le vent, faible hauteur relative et sous-bois très humide. Le gradient interne est fort entre noyaux sommitaux très bryophytiques, lisières vers forêts pluviales montagnardes, et transitions vers maquis ou boisements d’altitude. Sur certains massifs, des conifères émergents structurent le paysage ; sur d’autres, la physionomie reste plus basse et plus diffuse.

Composition floristique

La composition varie selon le substrat et le massif, mais la flore comprend régulièrement des bryophytes abondantes, des Hymenophyllaceae, des lichens et des ligneux orophiles. Parmi les groupes marquants figurent plusieurs conifères (Araucariaceae, Podocarpaceae, Cupressaceae), des Myrtaceae souvent du groupe Metrosideros, des Cunoniaceae (Cunonia, Pancheria), des Winteraceae (Zygogynum) et d’autres taxons de forêts humides montagnardes. Le taux d’endémisme est très élevé ; la richesse spécifique peut être localement moindre que dans les forêts humides de plus basse altitude, mais la proportion d’espèces spécialisées y est forte.

Espèces indicatrices

Indicateurs fonctionnels et structuraux : bryophytes abondantes ; fougères épiphytes de la famille des Hymenophyllaceae ; lichens d’altitude ; charge épiphytique continue.
Nord / substrats acides : Agathis montana, Araucaria schmidii, Metrosideros spp. ; autres conifères et ligneux montagnards selon station.
Sud / ultramafiques : Libocedrus chevalieri et autres ligneux/conifères d’altitude selon massif ; composition à préciser localement par relevés.
Taxons associés d’intérêt : Parasitaxus ustus et Falcatifolium taxoides dans certains contextes de forêts humides d’altitude.

Facteurs écologiques clés

Immersion nuageuse fréquente et interception des brouillards.
Vent, exposition et position de crête/sommet.
Températures relativement basses et forte humidité atmosphérique.
Substrat et géochimie des sols, particulièrement sur ultramafiques.
Absence ou rareté des perturbations sévères (feu, ouverture brutale, piétinement d’ongulés).
Continuité du microclimat humide et intégrité des lisières.

Espèces associées majeures et faune liée

Faune liée encore inégalement documentée à l’échelle stricte de cet habitat, mais les massifs concernés hébergent une faune forestière montagnarde remarquable. Dans le massif du Mont Panié, la ZICO abrite 17 des 19 espèces d’oiseaux endémiques de la Grande Terre ; l’herpétofaune comprend notamment Bavayia montana, Dierogekko validiclavis et Nannoscincus exos à l’échelle du massif. Le lien habitat-faune doit toutefois être documenté plus finement par massif et par sous-type, sans extrapoler abusivement à toute la classe 132.

Dynamique et stades

Habitat à dynamique lente, généralement climacique ou subclimacique dans les conditions topoclimatiques actuelles des sommets. Les temps de renouvellement sont probablement longs, avec accumulation de matière organique et décomposition ralentie. Après incendie, ouverture ou perturbation forte, le retour à une véritable forêt de nuage est difficile et lent ; les trajectoires passent souvent par des stades de maquis, fourrés ou forêts d’altitude simplifiées. Les écotones avec les forêts pluviales montagnardes et les maquis sommitaux sont importants à documenter.

Répartition géographique

Répartition insulaire restreinte aux plus hauts massifs de la Grande Terre. Noyaux bien attestés sur les massifs du Nord-Est autour du Mont Panié, du Colnett et de l’Ignambi sur substrats acides, et sur plusieurs massifs du Sud ultramafique, notamment Mont Humboldt, Montagne des Sources, Mont Mou et Pic Ningua ; d’autres sommets du Grand Sud peuvent héberger des faciès voisins à confirmer. L’habitat est naturellement fragmenté par l’isolement des sommets et crêtes.

Superficie estimée (ha)

Fragmentation

Fragmentation naturelle forte liée à l’isolement des sommets et à la discontinuité des crêtes. Cette fragmentation est aggravée localement par les feux de lisière, les accès/pistes, certaines pressions minières sur massifs ultramafiques et la sensibilité des écotones. À l’échelle du territoire, il s’agit d’un habitat rare, à taches petites et disjointes.

Sites de référence

Mont Panié – Colnett – Ignambi (substrats acides, Nord-Est) ; Mont Humboldt ; Montagne des Sources ; Mont Mou ; Pic Ningua. À confirmer/compléter par compilation des relevés et cartographies provinciales.

Lien vers les ressources SIG : [ Accès ]

Niveau de certitude cartographique

À vérifier

Télédétection : niveau de détectabilité

Moyenne

Indices et méthodes discriminantes

Combiner : MNT fin (altitude, crêtes, exposition), contexte ombroclimatique, fréquence de couverture nuageuse issue de séries temporelles satellitaires, photo-interprétation à très haute résolution, et idéalement données de hauteur de canopée (LiDAR ou photogrammétrie).
La détection gagne à raisonner par complexes sommitaux et ceintures altitudinales plutôt que par simple signature spectrale.
Les meilleurs résultats sont attendus d’une approche hybride : présélection topoclimatique + photo-interprétation experte + validation terrain.

Facteurs de confusion

Confusion avec forêts pluviales montagnardes non strictement néphéliphiles.
Confusion avec maquis ou boisements d’altitude sur ultramafiques lorsque la canopée est discontinue.
Masquage par nuages, ombres topographiques, faible taille des polygones et gradients écotonaux rapides.
Risque de surinterprétation si la cartographie repose uniquement sur l’altitude ou la présence d’un couvert arboré sombre.

Résolution minimale requise

Imagerie optique ≤ 1–2 m recommandée, couplée à un MNT fin ; validation terrain indispensable.

Contraintes cartographiques

Habitat de faible extension, très morcelé naturellement, souvent imbriqué dans des mosaïques altitudinales.
Persistance de la couverture nuageuse compliquant l’acquisition d’images.
Faible séparabilité spectrale avec certaines forêts pluviales montagnardes.
Besoin d’une définition préalable robuste : la cartographie ne peut pas précéder la clarification du référentiel.
La cartographiabilité réelle doit être testée sur des massifs pilotes avant toute généralisation.

État actuel

Moyen

Tendance récente

Dégradation

Indicateurs de suivi et terrain

Hauteur et fermeture de canopée ; recouvrement des bryophytes et des Hymenophyllaceae ; humidité du sous-bois ; épaisseur/humidité de l’humus ; régénération des espèces structurantes ; mortalité/dépérissement des conifères clés ; traces de cerfs/cochons ; pénétration du feu en lisière ; espèces exotiques envahissantes ; continuité des écotones.

Indicateurs de suivi et télédétection

Évolution de la fréquence nuageuse et du brouillard ; température de surface ; ouverture de canopée ; hauteur structurale ; recul/avancée des lisières ; cicatrices de feu ; fragmentation ; évolution de la connectivité entre taches altitudinales.

Qualité de l’observation

Moyenne

Pressions actuelles

Incendies de lisière ou de massif lors d’épisodes secs ; cerf rusa et cochon sauvage ; perturbations liées aux pistes et à certains usages de montagne ; pressions minières sur ou à proximité de certains massifs ultramafiques ; dépérissements localisés de conifères, notamment du kaori de montagne au Mont Panié.

Menaces émergentes

Relèvement de la base des nuages et réduction de l’immersion nuageuse sous changement climatique ; sécheresses plus fréquentes/intenses ; augmentation du risque feu ; extension d’espèces exotiques en lisière ; aggravation possible des dépérissements/pathogènes sur espèces structurantes.

Vulnérabilité estimée

Forte

Services écosystémiques

Capture des brouillards et régulation hydrologique des bassins versants ; soutien des débits en saison plus sèche ; protection des sols et limitation de l’érosion sur reliefs escarpés ; stockage de carbone dans la biomasse et l’humus ; maintien de refuges climatiques et évolutifs pour une flore et une faune très endémiques.

Valeur culturelle et coutumière

Forte sur plusieurs massifs, en particulier au Mont Panié/Thönyë où l’aire protégée porte aussi des valeurs coutumières et patrimoniales fortes. Plus largement, ces forêts sommitale sont souvent associées à des lieux sources, à des repères paysagers majeurs et à une valeur symbolique élevée des montagnes.

Intérêt paysager et touristique

Très fort intérêt paysager, scientifique et pédagogique : ambiances de forêt de mousses, silhouettes tourmentées, crêtes et sommets fréquemment noyés dans les nuages, paysages emblématiques des hauts massifs calédoniens. L’accès public reste souvent limité ou réglementé, ce qui réduit certains impacts mais impose d’organiser la valorisation avec prudence.

Mesures recommandées

Renforcer la protection stricte des ceintures sommitales et de leurs lisières.
Sécuriser des dispositifs anti-feu sur les piémonts et accès.
Contrôler cerfs et cochons sur les massifs prioritaires.
Mettre en place un suivi bioclimatique d’altitude (nuages, humidité, température) couplé à des placettes permanentes.
Standardiser les relevés habitat/flore pour consolider 132, 1321 et 1322.
Éviter nouvelles fragmentations (pistes, travaux, prospections) dans les noyaux et écotones sensibles.
Développer la conservation ex situ et les plans de sauvegarde pour les espèces micro-endémiques ou structurantes les plus vulnérables.

Actions existantes

Protection de plusieurs massifs au sein d’aires protégées provinciales ; cogestion du Mont Panié/Thönyë avec l’association Dayu Biik ; réserve intégrale de la Montagne des Sources pour la protection des milieux naturels et de la ressource en eau ; actions de conservation du CBNNC et de ses partenaires sur les conifères et la flore menacée ; dynamiques de cartographie forestière (ARTENSIS, NIAMOTO, couches provinciales) pouvant servir de socle de travail.

Priorité de conservation

Très forte
Système Version Code Libellé Type Commentaire
THNC v2026 en construction 132 Forêts de nuage Exacte Correspondance directe avec la classe de niveau 3 définie par fonctionnement bioclimatique oro-néphéliphile.
THNC v2026 en construction 1321 Forêt de nuage sur substrats volcano-sédimentaires Incluse dans Sous-type inclus dans la présente fiche générique ; à documenter plus finement par massif et par relevés.
THNC v2026 en construction 1322 Forêt de nuage sur ultramafiques Incluse dans Sous-type inclus dans la présente fiche générique ; contraintes édaphiques particulières et cortèges spécialisés.

Suivi des versions

Auteur Date Commentaire
Nicolas Rinck 16/04/2026 Création d’un préremplissage complet de la fiche 132 – Forêts de nuage, à partir de littérature primaire et de sources institutionnelles. Nota :<br />
1. Le contour entre 131 (forêts pluviales montagnardes) et 132 (forêts de nuage) doit être consolidé par le GT à partir de critères partagés.<br />
2. EOO et AOO de la LRE ont été calculés à partir d'une carto modélisée de la façon suivante : utilisation de l'enveloppe forestière UMR AMAP (Birnbaum et al. 2024) intersectée avec l'altitude 900m (c'est une approximation donc qui ne tient pas compte des éventuels ajustement à faire liées aux situation d'exposition etc..)<br />
3. Certaines espèces citées sont indicatrices à l’échelle de massifs ou de sous-types, pas nécessairement de toute station de la classe 132.<br />
4. L’évaluation de l’état actuel et de la tendance reste une appréciation experte provisoire, à objectiver par suivi.

Contact référents

Contact@conservatoirebotanique.nc

Bibliographie

  • Jaffré et al., 1994 : Jaffré, T., Morat, P., & Veillon, J.-M. (1994). La flore, caractéristiques et composition floristique des principales formations végétales. Bois et Forêts des Tropiques, 242, 7-30. Source
  • Nasi et al., 2002 : Nasi, R., Jaffré, T., & Sarrailh, J.-M. (2002). Les forêts de montagne de la Nouvelle-Calédonie. Bois et Forêts des Tropiques, 274(4), 5-18. SourceDOI
  • Morat et al., 2012 : Morat, P., Jaffré, T., Tronchet, F., Munzinger, J., Pillon, Y., Veillon, J.-M., Chalopin, M., Birnbaum, P., Rigault, F., Dagostini, G., Tinel, J., & Lowry II, P. P. (2012). Le référentiel taxonomique Florical et les caractéristiques de la flore vasculaire indigène de la Nouvelle-Calédonie. Adansonia, 34(2), 179-221. SourceDOI
  • CBNNC, 2026 : Conservatoire Botanique de Nouvelle-Calédonie. (2026). Typologie des Habitats naturels de Nouvelle-Calédonie (page THNC). Source
  • Province Nord, 2023 : Province Nord. (2023). Thönyë, le pandanus de montagne / Réserve du mont Panié. Le Pays, n°195, juin 2023. Source
  • Province Sud, Montagne des Sources : Province Sud. (consultation 2026). Montagne des Sources : une réserve naturelle intégrale dédiée à la protection des milieux naturels et de la ressource en eau. Source
  • Province Sud, Mont Mou : Province Sud. (consultation 2026). Mont Mou : sommet souvent coiffé de nuages abritant une forêt de mousses. Source
  • Province Sud, Mont Humboldt : Province Sud. (consultation 2026). Mont Humboldt : point culminant de la province Sud, comprenant une remarquable forêt de mousses. Source
  • Sarrailh et al., 2002 : Sarrailh, J.-M., Chauvin, J.-P., Litaudon, M., Dumontet, V., & Pieters, R. (2002). Revue des araucariaceae de Nouvelle-Calédonie. Source
  • Cavarero et al., 2012 : Cavarero, V., Peltier, A., Aubail, X., Leroy, A., Dubuisson, B., Jourdain, S., Ganachaud, A., Gibelin, A.-L., Lefevre, J., Menkes, C., & Lengaigne, M. (2012). Les évolutions passées et futures du climat de la Nouvelle-Calédonie. La Météorologie, 77, 13-21.
  • Birnbaum et al., 2024 : Birnbaum, P., Hequet, V., Ibanez, T., Eltabet, N., & Prior, J. (2024). Classification of New Caledonian Forests According to Edge and Elevation Effects (Version 2024) [Data set]. Source
  • Rinck, N. 2026 : Rinck, N. (2026). Approximation de la répartition des forêts de Nuage en Nouvelle-Calédonie [Data set]. Source
RedList

Résumé de pré-évaluation pour la Liste Rouge des Ecosystèmes (LRE)

Évaluation LRE

Forêts de nuage de Nouvelle-Calédonie (THNC 132, sensu lato)

ENEn danger
Critère déterminant : B — Distribution spatiale restreinteValidation : BrouillonCritère contributif : CCritère contributif : D
Type d’unité
Écosystème / habitat
Code unité
NC-THNC-132-LRE
Niveaux THNC
Niveau 3
Correspondance GET-IUCN
Terrestrial / correspondance GET-IUCN à préciser ; forêt tropicale montagnarde néphéliphile / cloud forest sensu large
Date d’évaluation
16/04/2026
Version
v0.2-pre-evaluation
LRE - Résultat global
Catégorie globale
EN — En danger
Critère déterminant principal
B — Distribution spatiale restreinte
Autres critères contributifs
C, D

Résumé de l’évaluation

Pré-évaluation provisoire actualisée : Endangered (EN) au titre du critère B, avec B1 au seuil EN et B2 au seuil VU. Le rapport spatial fournit désormais des métriques standardisées exploitables : EOO = 10 049,054 km² et AOO corrigé = 46 mailles de 10 × 10 km. Les sous-conditions du critère B sont considérées comme remplies par l’inférence d’un déclin continu de la qualité environnementale et/ou des interactions biotiques, ainsi que par l’existence de menaces plausibles susceptibles de poursuivre ce déclin dans les 20 prochaines années (changement climatique, relèvement de la base des nuages, feu, ongulés, perturbations de lisière). Les critères C et D restent plausibles mais non quantifiés à ce stade.

Justification de la catégorie

Le statut global n’est plus DD dès lors qu’un test formel du critère B devient possible. Sur la base du raster analysé, l’EOO de 10 049,054 km² place l’unité au seuil EN sous B1, tandis que l’AOO corrigé de 46 mailles place l’unité au seuil VU sous B2. Les lignes directrices UICN exigent en plus au moins une sous-condition parmi déclin continu, menaces plausibles induisant un déclin dans les 20 ans, ou faible nombre de localités. Dans le dossier 132, le déclin continu de la qualité écologique est déjà retenu qualitativement, et les menaces majeures sont clairement documentées. Le meilleur estimateur est donc EN au titre de B1. Les principales réserves portent sur l’usage d’un proxy cartographique, l’absence de décompte robuste des localités et le fait que C et D demeurent non calibrés ; ces réserves justifient de conserver un statut de brouillon et une relecture experte.

Besoins pour une réévaluation future

Priorités pour réévaluation : valider et, si besoin, corriger le proxy cartographique utilisé pour 132 par une couche experte harmonisée ; recalculer EOO et AOO sur grille standard officielle à partir de cette couche ; définir et documenter les localités au sens de la menace dominante ; expliciter les clauses du critère B (déclin continu / menaces plausibles) avec une argumentation plus standardisée ; installer ou mobiliser des suivis bioclimatiques d’altitude (nuages, humidité, température) ; standardiser des placettes habitat avec mesures de structure, épiphytes et état de conservation ; documenter séparément 1321 et 1322 ; tester des indicateurs C/D et, si possible, un scénario simple de risque d’effondrement.

Périmètre de l’évaluation

Évaluation subnationale : Nouvelle-Calédonie. Périmètre retenu = occurrences actuelles connues de la classe THNC 132 sur la Grande Terre, en incluant provisoirement les sous-types 1321 (substrats volcano-sédimentaires) et 1322 (ultramafiques). Sont exclus les habitats voisins non clairement néphéliphiles : forêts pluviales montagnardes 131, maquis et fourrés sommitaux non forestiers, et autres faciès humides d’altitude non dépendants d’une immersion nuageuse fréquente.

Justification du choix de l’unité

Le choix de l’unité 132 est défendable en pré-évaluation car la classe est définie par un fonctionnement bioclimatique cohérent — immersion nuageuse récurrente, microclimat saturé, canopée basse et forte bryophytisation — qui traverse plusieurs massifs et deux grands contextes édaphiques (acide/non ultramafique et ultramafique). Cette cohérence fonctionnelle permet une première lecture LRE, tout en reconnaissant qu’une évaluation ultérieure séparée de 1321 et 1322 pourrait être plus robuste si des données homogènes deviennent disponibles.

LRE - Détail par critère

A — Réduction de la distribution spatiale

DDDonnées insuffisantes

Critère A non quantifiable à ce stade. Le dossier ne contient pas de série cartographique temporelle standardisée permettant d’estimer une réduction de distrib…

B — Distribution spatiale restreinte

ENEn danger

Critère B désormais mobilisable. La distribution de l’unité est restreinte à l’échelle de la Nouvelle-Calédonie et quantifiée par un EOO de 10 049,054 km² (seu…

C — Dégradation de l’environnement abiotique

DDDonnées insuffisantes

Critère C probablement central mais non quantifié. Le risque principal porte sur une dégradation de l’environnement abiotique, en particulier de l’immersion nu…

D — Perturbation des interactions biotiques

DDDonnées insuffisantes

Critère D également plausible mais non quantifié. Les pressions biotiques et les perturbations de régime — feu, ongulés introduits, ouvertures de lisière, dépé…

E — Analyse quantitative

DDDonnées insuffisantes

Aucun modèle quantitatif de risque d’effondrement n’est disponible pour la classe 132 dans le dossier actuel.

Critère A — Réduction de la distribution spatiale
DDDonnées insuffisantes

Synthèse du critère A

Critère A non quantifiable à ce stade. Le dossier ne contient pas de série cartographique temporelle standardisée permettant d’estimer une réduction de distribution passée, future ou historique. Une contraction locale est plausible après feu ou dégradation, mais elle n’est pas documentée par des mesures comparables.

Sous-critère Catégorie Variable évaluée Valeur / résultat Proportion affectée (%) Sévérité relative (%) Type de preuve Horizon / période Source Commentaire
A1DDRéduction de la distribution sur les 50 dernières annéesNon quantifiéeDéduit50 ans rétrospectifsFiche habitat 132 – Forêts de nuage (préremplissage 2026) ; synthèse bibliographique interne CBNNC ; IUCN (2024) Guidelines for the application of IUCN Red List of Ecosystems Categories and Criteria, Version 2.0La tendance récente à la dégradation est signalée dans la fiche habitat, mais aucun jeu de cartes diachroniques homogènes n’est fourni pour convertir cette information en réduction de distribution au sens du critère A.
A3DDRéduction historique de distribution depuis 1750Non quantifiéeDéduitdepuis 1750Fiche habitat 132 – Forêts de nuage (préremplissage 2026) ; synthèse bibliographique interne CBNNC ; IUCN (2024) Guidelines for the application of IUCN Red List of Ecosystems Categories and Criteria, Version 2.0Aucune reconstruction historique robuste de la distribution des forêts de nuage n’est disponible dans le dossier.
Critère B — Distribution spatiale restreinte
ENEn danger

Synthèse du critère B

Critère B désormais mobilisable. La distribution de l’unité est restreinte à l’échelle de la Nouvelle-Calédonie et quantifiée par un EOO de 10 049,054 km² (seuil EN sous B1) et un AOO corrigé de 46 mailles de 10 × 10 km (seuil VU sous B2). Les sous-conditions sont considérées comme satisfaites par l’inférence d’un déclin continu de la qualité environnementale et/ou des interactions biotiques, ainsi que par la présence de menaces susceptibles d’induire ce déclin dans les 20 prochaines années. Le nombre de localités reste non résolu. Le meilleur estimateur pour le critère B est donc EN, porté par B1.

Sous-critère Catégorie Variable évaluée Valeur / résultat Proportion affectée (%) Sévérité relative (%) Type de preuve Horizon / période Source Commentaire
B1ENEOO (km²)10 049,054Estiméétat actuelRapport AOO/EOO – Forêts de nuage de Nouvelle-Calédonie (2026) ; Fiche habitat 132 – Forêts de nuage ; IUCN (2024) Guidelines for the application of IUCN Red List of Ecosystems Categories and Criteria, Version 2.0L’EOO estimé par polygone convexe minimal se situe entre 2 000 et 20 000 km², soit le seuil EN pour B1. L’application du critère est retenue car le dossier documente déjà un déclin continu de la qualité écologique et des menaces plausibles susceptibles de le poursuivre dans les 20 prochaines années. Le calcul reste toutefois fondé sur un raster proxy de 132, à valider sur cartographie experte.
B2VUAOO (mailles 10 × 10 km)46 mailles (corrigé) ; 73 mailles (brut)Estiméétat actuelRapport AOO/EOO – Forêts de nuage de Nouvelle-Calédonie (2026) ; IUCN (2024) Guidelines for the application of IUCN Red List of Ecosystems Categories and Criteria, Version 2.0 ; Keith et al. (2018)L’AOO corrigé selon la règle 2024 des 1 % est inférieur ou égal à 50 mailles, soit le seuil VU pour B2. Le test de sensibilité par décalage de grille maintient un AOO corrigé entre 41 et 49 mailles, ce qui rend ce résultat assez robuste. Comme pour B1, l’interprétation finale dépend encore de l’adéquation du proxy cartographique à l’unité 132.
B3DDLocalités définies par la menaceNon résoluesDéduit20 prochaines annéesFiche habitat 132 – Forêts de nuage ; Rapport AOO/EOO – Forêts de nuage de Nouvelle-Calédonie (2026) ; IUCN (2024) Guidelines for the application of IUCN Red List of Ecosystems Categories and Criteria, Version 2.0Les menaces majeures sont identifiées (climat, feu, ongulés, perturbations de lisière, pressions locales), mais leur traduction en localités LRE n’est pas encore documentée de façon standardisée. B3 ne peut donc pas être mobilisé à ce stade.
Critère C — Dégradation de l’environnement abiotique
DDDonnées insuffisantes

Synthèse du critère C

Critère C probablement central mais non quantifié. Le risque principal porte sur une dégradation de l’environnement abiotique, en particulier de l’immersion nuageuse, de l’humidité atmosphérique et du microclimat d’altitude, avec interactions fortes avec sécheresse et feu. Aucun indicateur n’est toutefois calibré par rapport à un seuil d’effondrement, ni spatialisé à l’échelle de l’unité.

Sous-critère Catégorie Variable évaluée Valeur / résultat Proportion affectée (%) Sévérité relative (%) Type de preuve Horizon / période Source Commentaire
C2bDDDégradation future du microclimat néphéliphile (immersion nuageuse, humidité, sécheresse relative)Dégradation plausible, non quantifiéeProjeté50 ans incluant futurFiche habitat 132 – Forêts de nuage (préremplissage 2026) ; synthèse bibliographique interne CBNNC ; Cavarero et al. (2012) ; Pouteau & Birnbaum (2016) ; IUCN (2024) Guidelines for the application of IUCN Red List of Ecosystems Categories and Criteria, Version 2.0La fiche habitat identifie le relèvement de la base des nuages et l’augmentation des sécheresses comme menaces émergentes majeures. Ces mécanismes sont cohérents avec une forte vulnérabilité des forêts montagnardes calédoniennes au changement climatique, mais aucun seuil de collapse ni aucune sévérité relative n’est encore défini pour 132.
Critère D — Perturbation des interactions biotiques
DDDonnées insuffisantes

Synthèse du critère D

Critère D également plausible mais non quantifié. Les pressions biotiques et les perturbations de régime — feu, ongulés introduits, ouvertures de lisière, dépérissements/pathogènes — peuvent déstructurer le biote caractéristique, notamment les épiphytes, bryophytes et ligneux orophiles. Toutefois la proportion affectée et la sévérité relative ne sont pas estimées.

Sous-critère Catégorie Variable évaluée Valeur / résultat Proportion affectée (%) Sévérité relative (%) Type de preuve Horizon / période Source Commentaire
D2bDDDisruption future des interactions et de l’intégrité du biote caractéristique (épiphytes, bryophytes, ligneux orophiles)Disruption plausible, non quantifiéeProjeté50 ans incluant futurFiche habitat 132 – Forêts de nuage (préremplissage 2026) ; synthèse bibliographique interne CBNNC ; Nasi et al. (2002) ; IUCN (2024) Guidelines for the application of IUCN Red List of Ecosystems Categories and Criteria, Version 2.0Les effets combinés du dessèchement relatif, du feu, des ongulés et d’éventuels dépérissements peuvent réduire le maintien des composantes biotiques diagnostiques. La trajectoire est crédible écologiquement mais non mesurée au sens LRE.
Critère E — Analyse quantitative
DDDonnées insuffisantes

Synthèse du critère E

Aucun modèle quantitatif de risque d’effondrement n’est disponible pour la classe 132 dans le dossier actuel.

LRE - Distribution spatiale et métriques
Zone d’occurrence (EOO)
10 049,05 km²
Zone d’occupation (AOO)
46 mailles
Nombre de localités
Déclin continu : Oui

Commentaire sur la distribution

La distribution connue est insulaire, restreinte à quelques hauts massifs de la Grande Terre, avec noyaux bien documentés sur le Nord-Est (Mont Panié, Colnett, Ignambi) et sur plusieurs massifs du Sud ultramafique (Mont Humboldt, Montagne des Sources, Mont Mou, Pic Ningua), plus quelques sommets voisins à confirmer. Sur la base du raster proxy analysé pour 132, l’EOO est estimé à 10 049,054 km² et l’AOO corrigé à 46 mailles de 10 × 10 km (AOO brut = 73). Un test de sensibilité par décalage de grille de 1 km maintient l’AOO corrigé entre 41 et 49 mailles, ce qui soutient la robustesse du seuil VU pour B2. La distribution reste naturellement fragmentée. En revanche, le nombre de localités au sens LRE n’est pas encore résolu, et la solidité finale de l’évaluation dépend encore de l’adéquation entre le proxy cartographique utilisé (forêts AMAP > 900 m) et l’unité écologique 132.

Contraintes et limites spatiales

Le calcul EOO/AOO disponible repose sur un raster proxy (forêts AMAP > 900 m) et non sur une carte expertisée définitive du contour de 132 ; il faut donc encore valider l’adéquation écologique entre ce proxy et l’unité évaluée. L’AOO dépend de l’alignement de la grille de 10 km, même si le test de sensibilité indique une stabilité du résultat corrigé sous le seuil VU. Les contours avec 131 et avec les boisements/maquis sommitaux restent à consolider. Les localités définies par la menace ne sont pas encore dénombrées. Un calcul final sur grille standard officielle et sur couche harmonisée validée terrain reste souhaitable.

LRE - Définition de l’écosystème

Biote indigène caractéristique

Biote indigène caractéristique dominé par une forêt d’altitude à canopée basse (souvent 5–15 m), arbres tortueux, houppiers compacts et très forte charge épiphytique. Les bryophytes, lichens et fougères épiphytes — en particulier des Hymenophyllaceae — font partie des éléments diagnostiques majeurs. Le cortège comprend des ligneux et conifères orophiles, avec endémisme élevé et micro-endémisme local sur certains sommets. La composition exacte varie selon massif et substrat ; plusieurs taxons cités dans la fiche sont surtout indicateurs de sous-types ou de massifs, pas de toutes les stations.

Environnement abiotique clé

Environnement abiotique clé : sommets, crêtes et hauts versants exposés ; altitude généralement > 900–1000 m ; forte humidité atmosphérique ; rôle majeur des précipitations occultes par interception des brouillards ; températures plus fraîches, vents fréquents, insolation réduite par la nébulosité. Les substrats sont acides / volcano-sédimentaires ou ultramafiques selon massif. Les sols portent souvent un humus organique épais à décomposition lente ; sur ultramafiques s’ajoutent de fortes contraintes géochimiques.

Processus et interactions clés

Processus et interactions clés : immersion nuageuse fréquente et cloud stripping, maintien d’un microclimat frais et saturé, accumulation lente de matière organique, forte bryophytisation des troncs et branches, et maintien d’un sous-bois humide à nombreux microhabitats épiphytiques. L’intégrité des lisières et la rareté des perturbations sévères (feu, ouverture brutale, piétinement d’ongulés) semblent essentielles au maintien du fonctionnement. Après perturbation forte, les trajectoires de retour sont lentes et peuvent dériver vers maquis, fourrés ou forêts d’altitude simplifiées.

État de référence

État de référence retenu : forêts de nuage sommitales ou de crête peu affectées par le feu, les ongulés, les ouvertures de pistes et les espèces exotiques ; canopée basse mais fermée, forte charge continue en bryophytes / lichens / fougères épiphytes, humidité atmosphérique élevée, microclimat stable, écotones encore intacts et biote orophile durablement maintenu. Cet état de référence doit être compris comme une enveloppe de variabilité naturelle, pas comme un faciès floristique unique.

Définition de l’effondrement

Effondrement au sens LRE : perte durable du fonctionnement néphéliphile qui définit l’habitat, avec disparition ou forte réduction de l’immersion nuageuse fonctionnelle et du microclimat saturé, ouverture ou simplification structurelle de la canopée, chute marquée de la bryophytisation et des épiphytes diagnostiques, et incapacité du système à maintenir le biote orophile caractéristique. L’écosystème bascule alors vers un autre type : forêt montagnarde non strictement néphéliphile, boisement dégradé d’altitude, maquis/fourré post-perturbation, ou mosaïque ouverte durablement desséchée.

Signaux précurseurs de dégradation

Signaux précurseurs de dégradation : baisse de la charge en mousses, hépatiques, lichens et fougères épiphytes ; assèchement du sous-bois ; ouverture de la canopée et hausse des lisières internes ; augmentation des traces de cerfs et cochons ; progression d’espèces exotiques en bordure ; dépérissements localisés de conifères ; sensibilité accrue au feu et aux épisodes secs ; contraction possible vers les positions topographiques les plus humides.

Facteurs de vulnérabilité

Facteurs de vulnérabilité : très faible extension spatiale, fragmentation naturelle par isolement des sommets, forte dépendance à une enveloppe climatique étroite, récupération lente après perturbation, importance d’espèces orophiles et parfois micro-endémiques, forte sensibilité des lisières au feu, pression d’ongulés introduits, et risque de relèvement de la base des nuages sous changement climatique. Le manque actuel de seuils quantifiés pour l’immersion nuageuse et l’effondrement complique l’évaluation mais ne réduit pas la vulnérabilité écologique présumée.

LRE - Confiance, validation et gouvernance
Consensus entre experts
Moyen
Fiabilité des indicateurs
Moyenne
Niveau de confiance global
Moyen
Date d’évaluation
16/04/2026
Version
v0.2-pre-evaluation
Statut de validation
Brouillon

Incertitudes majeures

Les principales incertitudes concernent : l’adéquation entre le raster proxy utilisé (forêts AMAP > 900 m) et le contour écologique réel de 132 ; les limites exactes de l’unité par rapport à 131 et aux boisements/maquis sommitaux ; le décompte des localités définies par la menace ; la dépendance partielle de l’AOO à l’alignement de la grille ; l’absence de seuils quantifiés d’effondrement pour le fonctionnement néphéliphile ; et l’hétérogénéité possible entre massifs et entre sous-types 1321 et 1322.

Lacunes de connaissance

Lacunes prioritaires : validation écologique et cartographique du proxy spatial de 132 ; production d’une couche harmonisée expertisée ; dénombrement des localités LRE selon la menace dominante ; suivis bioclimatiques d’altitude ; documentation standardisée de l’état des épiphytes/bryophytes et de l’ouverture du couvert ; estimation de la sévérité des feux de lisière et de la pression d’ongulés ; clarification des dépérissements de conifères ; meilleure résolution des correspondances entre typologie descriptive, cartographie et évaluation LRE.

Comité technique / gouvernance

À mobiliser pour relecture et consolidation : CBNNC ; Herbier NOU / IRD / AMAP ; IAC ; gestionnaires provinciaux des massifs concernés ; association Dayu Biik pour le Mont Panié ; experts LRE / Endemia.

Évaluateurs

Pré-rédaction documentaire assistée IA à partir de la fiche habitat 132 et des pièces jointes de méthode ; à consolider par le CBNNC et le groupe expert.

Relecteurs / validateurs

CBNNC ; Herbier NOU / IRD / AMAP ; IAC ; Province Nord ; Province Sud ; Endemia / experts LRE.

LRE - Sources et traçabilité
AutreSource principaleFiche habitat 132, préremplissage 2026
Conservatoire Botanique de Nouvelle-Calédonie. (2026). Fiche habitat 132 – Forêts de nuage, préremplissage documentaire (document de travail).
Rôle dans l’évaluation
Socle descriptif principal pour l’unité évaluée, sa distribution qualitative, ses pressions et ses menaces.
Critères mobilisés
A, B, C, D, global
Commentaire
Source de synthèse utilisée comme base de la présente pré-évaluation.
BibliographieSource principaleIUCN, 2024
IUCN. (2024). Guidelines for the application of IUCN Red List of Ecosystems Categories and Criteria, Version 2.0. Gland, Switzerland: IUCN.
Rôle dans l’évaluation
Cadre méthodologique et définition des critères, catégories, EOO/AOO, localités et DD.
Critères mobilisés
A, B, C, D, E, global
BibliographieJaffré et al., 1994
Jaffré, T., Morat, P., & Veillon, J.-M. (1994). La flore, caractéristiques et composition floristique des principales formations végétales. Bois et Forêts des Tropiques, 242, 7-30.
Rôle dans l’évaluation
Description des formations végétales et cadrage écologique général.
Critères mobilisés
C, D, global
BibliographieNasi et al., 2002
Nasi, R., Jaffré, T., & Sarrailh, J.-M. (2002). Les forêts de montagne de la Nouvelle-Calédonie. Bois et Forêts des Tropiques, 274(4), 5-18.
Rôle dans l’évaluation
Référence principale sur les forêts de montagne et leurs caractéristiques structurales.
Critères mobilisés
C, D, global
BibliographieCavarero et al., 2012
Cavarero, V., Peltier, A., Aubail, X., Leroy, A., Dubuisson, B., Jourdain, S., Ganachaud, A., Gibelin, A.-L., Lefevre, J., Menkes, C., & Lengaigne, M. (2012). Les évolutions passées et futures du climat de la Nouvelle-Calédonie. La Météorologie, 77, 13-21.
Rôle dans l’évaluation
Appui sur les tendances climatiques régionales mobilisées pour la menace abiotiques future.
Critères mobilisés
C, global
BibliographiePouteau & Birnbaum, 2016
Pouteau, R., & Birnbaum, P. (2016). Island biodiversity hotspots are getting hotter: vulnerability of tree species to climate change in New Caledonia. Biological Conservation, 201, 111-119.
Rôle dans l’évaluation
Appui régional sur la vulnérabilité des forêts et des arbres calédoniens au changement climatique.
Critères mobilisés
C, global
CartographieSource principaleRapport AOO/EOO 2026
Conservatoire Botanique de Nouvelle-Calédonie. (2026). Analyse AOO et EOO – Forêts de nuage de Nouvelle-Calédonie (note technique interne à partir du raster Forets_Amap3K_sup900m_v3c.dbf.tiff).
Rôle dans l’évaluation
Source des métriques spatiales standardisées mobilisées pour actualiser le critère B : EOO, AOO brut, AOO corrigé et test de sensibilité par décalage de grille.
Critères mobilisés
B, global
Commentaire
Source nouvelle déterminante pour l’actualisation de l’évaluation LRE.
BibliographieKeith et al., 2018
Keith, D.A., Murray, N.J., Nicholson, E., & Ferrer-Paris, J.R. (2018). The influence of data resolution on the assessment of risks to ecosystems under IUCN Red List criteria. Environmental and Ecological Statistics, 25, 339-364.
Rôle dans l’évaluation
Appui méthodologique sur les effets de résolution spatiale et l’interprétation des métriques EOO/AOO.
Critères mobilisés
B
Commentaire
Mobilisé dans le rapport AOO/EOO pour discuter la sensibilité de l’AOO à l’alignement de la grille.

Hypothèses et choix méthodologiques

Hypothèses retenues : (1) l’unité évaluée reste 132 sensu lato, sans disjonction immédiate entre 1321 et 1322 ; (2) l’évaluation actualisée mobilise le raster proxy analysé dans le rapport AOO/EOO comme meilleure information spatiale disponible ; (3) l’AOO retenu est l’AOO corrigé selon la règle 2024 des 1 % ; (4) les menaces climatiques, le feu, les ongulés et les perturbations de lisière sont considérés comme suffisants pour inférer un déclin continu de la qualité environnementale et/ou des interactions biotiques ; (5) le nombre de localités n’est pas encore résolu ; (6) la catégorie globale demeure provisoire dans l’attente d’une validation experte du proxy et d’une consolidation des sous-types.

Commentaires libres LRE

Pré-évaluation volontairement prudente. Le dossier est déjà exploitable pour une future montée en robustesse : la définition de l’unité, les mécanismes de vulnérabilité et les besoins d’acquisition sont suffisamment clairs. En pratique, l’étape suivante la plus rentable est un travail SIG/terrain ciblé permettant de calculer EOO, AOO et localités, puis de tester un petit nombre d’indicateurs C/D directement reliés au fonctionnement néphéliphile.

Contribution à la relecture de la fiche et de l'évaluation

La présente fiche habitat est une version de travail destinée à être consolidée dans le cadre de la Typologie des Habitats Naturels de Nouvelle-Calédonie. Elle a vocation à s’enrichir progressivement grâce au croisement des expertises, des observations de terrain, des références bibliographiques et des retours d’usage. Dans cette logique, les contributions extérieures sont bienvenues lorsqu’elles permettent d’améliorer la qualité, la précision ou la complétude du contenu.

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