Dans le cadre du projet BLOSSOM, le Conservatoire Botanique de Nouvelle-Calédonie (CBNNC) et l’Université de la Nouvelle-Calédonie (UNC) renforcent leur partenariat scientifique. L’UNC ouvre un poste de Volontaire du Service Civique (VSC) pour développer la culture in vitro du santal et conduire des analyses chémotypiques, afin d’alimenter nos opérations de restauration écologique à Lifou, Maré et Koumac.
Un poste au service des Solutions fondées sur la Nature
BLOSSOM (« Biodiversity and Landscape restoration for Oceanic islands using Sustainable Strategies and innOvative Methodologies ») est un projet déployé sur deux territoires pilotes : Koumac (Province Nord) et Lifou/Maré (Province des Îles Loyauté). Il vise à développer et mettre en œuvre des Solutions fondées sur la Nature (SfN) pour restaurer des paysages dégradés et renforcer la résilience écologique et sociale face au changement climatique.
Sur le terrain, une restauration réussie se joue souvent « en amont » : produire des plants en quantité, d’origine tracée, et adaptés aux contraintes locales (sécheresse, substrats karstiques, pressions biologiques). Ce poste VSC vient renforcer ce maillon stratégique entre laboratoire, pépinières et chantiers de plantation.
Le santal est au cœur de BLOSSOM
Le santal calédonien est une espèce patrimoniale, à forte valeur culturelle et écologique. En Province des Îles Loyauté, le santal de Maré et Lifou (Santalum austrocaledonicum var. glabrum) fait l’objet d’une attention particulière : un inventaire récent met en évidence une réduction préoccupante des populations naturelles, notamment sur Lifou, et la nécessité de renforcer leur conservation (IAC–CBNNC, 2025 ; Rouanet et al., 2023).
L’enjeu n’est pas de promouvoir des plantations monospécifiques. L’orientation retenue est d’intégrer le santal dans des trajectoires de reconstitution de forêts diversifiées, en mélange avec d’autres espèces endémiques utiles aux écosystèmes et aux communautés. Cette approche vise la pérennité des peuplements (CBNNC, 2025).
En Province Nord, BLOSSOM s’intéresse aussi à une forme de santal localement appelée « santal bleu », encore peu documentée. L’objectif est de mieux la caractériser (observations de terrain, profils chimiques, comportement en multiplication) pour évaluer son potentiel d’intégration à des projets de restauration et de démonstration.
Culture in vitro et chémotypes : du laboratoire à la restauration
La culture in vitro (CIV) permet de multiplier rapidement des plants à partir de tissus végétaux, dans des conditions stériles, puis de les acclimater avant transfert vers des pépinières. C’est une méthode utile lorsque les voies classiques (semis, boutures) sont trop aléatoires, notamment pour certaines espèces rares et menacées (Teixeira da Silva et al., 2016).
Dans BLOSSOM, l’UNC/ISEA intervient sur deux volets complémentaires : (i) la mise au point de protocoles de CIV pour le santal et d’autres espèces endémiques difficiles à multiplier, (ii) l’analyse des chémotypes du santal, c’est-à-dire des profils chimiques des huiles essentielles, afin de mieux documenter la variabilité et d’orienter la sélection de semenciers (CBNNC–UNC, 2026).
Les analyses chémotypiques s’appuient sur des méthodes de laboratoire (dont chromatographie et spectrométrie) et sont croisées avec des observations de terrain. Elles permettent d’objectiver les différences entre individus et populations, ce qui est particulièrement pertinent pour une espèce dont la composition en composés majeurs varie fortement (Page et al., 2010).
Ce que cela change concrètement sur le terrain
Les vitro-plants et les données associées alimentent directement les pépinières partenaires, puis les plantations de restauration et les sites démonstrateurs.
Les plants issus de CIV seront pré-acclimatés puis transférés vers la pépinière polyvalente de Koumac et des relais à Lifou et Maré, avec des fiches de lots et une traçabilité standardisée (CBNNC–UNC, 2026).
BLOSSOM associe systématiquement les partenaires locaux (collectivités, services provinciaux, structures coutumières, associations) et veille au respect du Consentement Libre, Préalable et Éclairé pour les activités impliquant des terres coutumières et des prélèvements. Les collectes et échanges de matériel végétal sont encadrés pour éviter toute pression supplémentaire sur les populations naturelles (CBNNC–UNC, 2026).
Le poste en bref
Employeur : Université de la Nouvelle-Calédonie (UNC) – Institut des Sciences Exactes et Appliquées (ISEA).
Contrat : volontariat de service civique à temps complet (37h/semaine), 1 an.
Poste à pourvoir : 02 mars 2026. Lieu : Nouville (Nouméa) avec des missions en Province Nord et en Province des Îles Loyauté.
Missions principales : développement de protocoles de production in vitro du santal (Santalum austrocaledonicum) et d’autres espèces rares ou menacées ; identification et analyse des chémotypes de santal ; appui terrain (collectes, échantillonnages) en lien avec le CBNNC.
Profil : Bac+3 à Bac+5 ; connaissances en physiologie végétale, microbiologie et chimie des substances naturelles ; capacité à lire des documents techniques en anglais ; autonomie et travail en équipe ; permis B requis.
Conditions : réservé aux personnes de plus de 25 ans ; salaire brut mensuel estimé à 2 164 € (258 000 FCFP).
À propos de BLOSSOM
Le projet BLOSSOM est mis en œuvre par le CBNNC (IAC) avec ses partenaires, et financé dans le cadre de l’Initiative Kiwa. Il vise à renforcer la résilience au changement climatique grâce à des Solutions fondées sur la Nature, en appui aux collectivités et aux communautés locales.